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HISTORIQUE DE ROUY
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Le lieu aurait appartenu à Saint Germain, évêque de PARIS, et l'on raconte qu'il aurait fait construire l'église primitive car le sanctuaire tel que nous le voyons est celui d'un prieuré qui dépendait de La Charité-sur-Loire, c'est ce qui explique son importance et sa magnificence. La paroisse de Rouy est mentionnée, dès le VIIe siècle, sous le vocable de saint Germain d'Auxerre. Elle relevait du diocèse de Nevers, archiprêtre de Chatillon en Bazois. Lorsque l'édifice actuel fut élevé comme prieural et dépendant du prieur de La Charité qui nommait le prieur de Rouy, la cure passa à la collation de ce prieur. L'on ne peut parler de Rouy sans commencer par cette riche église et il faut admettre que seul un spécialiste éclairé peut la décrire. Le profane que je suis ne fait que ressentir un émerveillement profond tant pour l'ensemble que pour les détails, aussi vais-je emprunter les mots de deux experts à des titres et des époques différentes : le comte de Soultrait en 1852 dans sa " Statistique monumentale du département de la Nièvre " et, en 1951, Marcel Anfray dans " l'architecture religieuse du Nivernais au Moyen Age ". Elevée dans la seconde moitié du XIIe siècle, elle est bien conservée malgré la détérioration causée par la foudre qui tomba sur le clocher en 1714 et malgré des restaurations malheureuses dont la importante fut entreprise en 1861, comme l'indiquent une inscription gravée à l'extérieur du transept et le rapport de l'architecte du département sur les travaux qu'il propose de faire exécuter à l'église de Rouy. ( A.D. série V ). C'était l'époque désastreuse où l'on rasait des églises de grand intérêt pour en élever d'autres plus grandes, à première vue plus étincelantes mais qui, toutes de même facture, Bona, Crux, Sainte Marie, Saint Maurice, sont autant de trompe l'oeil. Heureusement Saint Germain de Rouy était trop belle et protégée pour la remplacer, donc on restaura et Marcel Anfray note bien que les restaurations qu'à subies l'église ne semblaient pas avoir altéré sensiblement les dispositions du plan primitif, qui comprenait une abside encadrée de deux absidioles, un transept peu débordant et une nef de trois travées, bordée de bas-côtés. Ceux-ci en effet paraissent bien remonter à l'origine malgré les restaurations qu'ils ont subies, surtout au nord et qui ont pu faire croire au comte de Soultrait qu'ils avait été ajoutés par la suite. |
Si Marcel Anfray, dans sa description, emploie le passé pour les absides, puisqu'en 1951, il n'en existait plus qu'une, celle du sud ayant été remplacée par la sacristie, de Soultrait nous indique en 1875 ( Répertoire archéologique ) "Plan en croix, terminé autrefois par trois absides, celle du nord remplacée en 1760 par une sacristie". Cette sacristie se trouve à la place de l'abside sud et non pas nord. Dans son ouvrage, de Soultrait fait figurer une gravure représentant le chevet extérieur de l'église, vue du sud-est. On y voit l'ancienne absidiole qui donc était remplacée depuis longtemps par la sacristie ; il ne peut s'agir d'une inversion de l'auteur de la gravure car l'on distingue une partie du beau portail sud. A moins que le graveur n'ait décidé d'oublier la sacristie qui, bien qu'utile, dépare le bel ensemble. Marcel Anfray nous rapporte, en 1951, que des travaux récents, avaient fait apparaître, sous les épaisses couches de badigeon qui recouvraient le cul de four de l'abside, les vestiges d'une ancienne peinture à fresques représentant le Christ levant le bras droit. Cette fresque est encore visible de nos jours. Le même auteur, désirant que l'amateur puisse imaginer le sanctuaire primitif sans doute, nous parle de la voûte de la nef en ces termes : la nef est aujourd'hui couverte d'une fausse voûte en briques qui a remplacé, en 1860, le plafond posé en 1716, comme l'atteste un document daté du 24 avril de cette année "ce jourd'hui, jour de Saint Marc, le plafond de cette église de Rouy a été achevé" et un autre de 1755 "nous avons fait ... raccommoder le plafond de la nef, qui menaçait ruine, dont plusieurs planches étaient déjà tombées". Ce mauvais plancher, d'un pitoyable effet, a-t-il remplacé une voûte en plein cintre, comme l'affirme l'architecte du département dans son rapport du 10 juillet 1860 ? Sans doute l'épais pilastre adossé à la pile du côté de la nef pourrait supporter le doubleau d'un berceau et la présence de contreforts, au-dessus du toit des bas-côtés, justifie l'hypothèse de l'existence d'une voûte au-dessous du vaisseau central, mais cette voûte a-t-elle jamais existé ? Dieu seul le sait ! Nous terminons ce chapitre, oh combien court, par rapport au sujet, par un détail donné par les anciens registres paroissiaux : "Dans la nuit du 11 au 12 juillet 1714, à 11 heures 45, un orage épouvantable, le tonnerre tomba sur la pointe du clocher, y mit le feu et descendit sur le pilier qui le soutient du côté du septentrion et du levant. Il en brisa une partie dont les pierres tombèrent sur le premier degré du grand autel près du curé affolé qui priait à genoux". Il s'agissait de Jean Chevalier, curé de 1694 à 1741. J M Deguilloux |
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